L’avantage du libre échange a été théorisé par David Ricardo au 18e siècle, cette théorie est depuis considérée comme la meilleure pour développer l’économie mondiale, même s’il y a eu quelques exceptions protectionnistes par les États-Unis ou le Japon à certaines époques pour protéger leur industrie respective pendant des périodes de temps déterminées.
Par contre, Trump et son économiste Peter Navarro croient au protectionnisme et ont lancé une guerre tarifaire à tous les pays du monde, dont l’Europe. Nous allons voir les meilleures solutions pour se défendre.
Aider les entreprises
La première démarche est d’aider les entreprises à risque le temps qu’elles se réorientent et de les aider à retrouver d’autres marchés.
- Aides directes à court terme pour éviter les mises à pied dans les entreprises visées
- Investissement dans certaines industries comme celles de l’énergie et de l’armement
- Missions export avec les industriels
- Aides aux formations à l’export pour les PME
Taxer toutes les importations américaines
C’est le réflexe de vengeance immédiat, cette politique protectionniste a des avantages, mais aussi des inconvénients.
Avantage :
- On punit les États-Unis
- On protège nos industries
- On développe de nouveaux secteurs
- On crée des emplois chez nous
- On développe notre indépendance stratégique
Inconvénients :
- Ce sont les consommateurs qui paient les droits de douane
- On crée l’inflation
- Cette politique nécessite l’accès à tous les minerais stratégiques : terres rares, uranium, etc.
- Cette politique d’indépendance stratégique peut mener à des guerres pour le contrôle de ces minerais.
Le protectionnisme est la stratégie de Donald Trump et Peter Navarro.
Supprimer tous les droits de douane
C’est la stratégie contraire qui consiste à dire que ce sont les pays qui imposent des droits de douane qui sont pénalisés, donc on les laisse se punir eux-mêmes et on ne fait rien.
Dans le même sens, les Européens réfléchissent d’ailleurs à supprimer les droits de douane pour les petits montants.
Avantages :
- On limite l’inflation
- On conserve le pouvoir d’achat des consommateurs
- On préserve les entreprises d’une augmentation des coûts de leur approvisionnement
Inconvénients :
- On ne protège pas nos industries touchées
Taxer les produits de manière sélective
C’est la meilleure combinaison des deux stratégies précédentes, c’est celle que l’Europe a choisie.
On procède de la manière suivante :
- Ne pas taxer les produits pour lesquels on n’a pas de substitution
- Taxer les produits américains pour lesquels on possède des produits de substitution
- Cibler les secteurs stratégiques américains et les taxer un maximum afin de les pénaliser et leur faire le plus mal possible. Cela pourrait être Tesla pour viser un proche de Donald Trump ou encore les exportations de certains états républicains.
Mettre des droits de douane à l’exportation
Cette arme est bien plus forte que les droits de douane. Le principe est d’identifier tous les produits stratégiques de l’union douanière dont les Américains ne disposent pas et d’imposer des droits à l’export les plus élevés possible afin de les pénaliser.
Le danger de cette politique est de provoquer une guerre que l’autre pays estime justifiée pour avoir accès à ses ressources vitales.
C’est d’ailleurs pour éviter cela que Donald Trump annonce qu’il veut s’emparer du Groenland, du Canada ou des terres rares Ukrainiennes.
Barrières non tarifaires
Les barrières non tarifaires sont peu visibles mais d’une redoutable efficacité :
- Normes basées sur les caractéristiques des produits locaux
- Licences imposées sur certains territoires ou secteurs spécifiques
- Quotas
- Lourdeurs administratives dissuasives.
Boycotter les produits américains
Le boycottage des entreprises américaines par les consommateurs est plus efficace que les droits de douane. Ils sont très pratiqués au Canada actuellement, tous magasins affichent l’origine canadienne de leurs produits, ceux qui ne sont pas étiquetés sont considérés comme américains, presque personne ne les achète.
Mieux encore, les commerçants suppriment petit à petit tous les produits d’origine américaine, certains forment leurs vendeurs à proposer des produits canadiens en priorité.
Passer des accords avec d’autres pays
À part la Chine aucun autre pays ne peut se battre tout seul contre la puissance américaine. Cela veut dire que les pays européens doivent se mettre d’accord, mais devraient aussi inviter le Canada, l’Australie, et les autres pays volontaires.
Les points clés sont :
- Lister à l’intérieur de l’union tous les produits pouvant se substituer aux produits américains et taxer tous les produits américains correspondants que l’on peut taxer sans risque d’inflation.
- Lister les produits stratégiques de l’union non substituables par les Américains afin de les taxer à l’export.
Relancer l’économie
Toutes les mesures précédentes seront de court terme si on ne relance pas l’économie.
Pendant que la Chine et les États-Unis développent leurs industries de pointe, l’Europe créer des normes. Les milliers de fonctionnaires européens justifient leurs gros salaires en pondant des réglementations qui tuent les petits métiers locaux, les paysans, les pêcheurs, les artisans de tous corps de métier. Ces normes pénalisent aussi les grandes industries en augmentant les coûts de production. Ce n’est pas comme cela qu’on luttera contre la Tech des Américains ou les téléphones et ordinateurs chinois, nos barrières douanières seront juste de courte durée avant de nous faire submerger.
Il faut remettre suivre les lois et principes de l’économie, libéraliser la créativité et la création d’entreprise grâce à des Reaganomics à l’Européenne :
- Couper dans les dépenses de l’état avec un DOGE européen plus intelligent que celui de Musk
- Équilibrer les finances publiques
- Baisser les impôts, en particulier aux entreprise
- Casser l’inflation
- Diminuer les taux d’intérêt
- Ramener la confiance pour ainsi diminuer les taux des bons du Trésor et diminuer la dette
- Stimuler la recherche grâce à l’industrie de la défense.
Ces mesures sont complémentaires et porteront leurs fruits à long terme.
Conclusion
Il existe une règle simple, les produits peu taxés par le pays « agresseur » sont ceux dont il a besoin, c’est donc eux qu’il faut taxer à l’export. Le meilleur exemple sont les téléphones et ordinateurs chinois que Donald Trump va exempter de droits de douane, si les Chinois y mettaient des droits à l’export ils pénaliseraient sérieusement l’administration américaine.
La combinaison d’une union, de droits douaniers ciblés, de blocages non tarifaires et de taxes à l’exportation doivent se combiner avec une politique structurelle de dynamisation de l’économie.
Cette guerre économique est une extraordinaire opportunité pour l’Europe à condition qu’elle la prenne.
Jean-Pierre Mercier
